Présentation de l'embouchure
« Le SIBE (Site d’Intérêt Biologique et Ecologique) de l’embouchure de la Moulouya représente une valeur patrimoniale indéniable puisqu’il constitue l’estuaire de la plus grande rivière du versant méditerranéen du Maghreb et du plus long oued du Maroc. Il s’agit du plus grand complexe estuarien méditerranéen du Maghreb et également le système estuarien le moins anthropisé du Maroc. »Espèce phare mise en valeur au niveau du SIBE
Le Projet SMAPIII / volet Maroc
Projet SMAPIII /volet Maroc « Moulouya : zone humide sensible associée à l’approche de Gestion Intégrée des Zones Côtières
Le FLAMANT ROSE
Dans le SIBE de l’Embouchure de la Moulouya
Présentation du SIBE de l'Embouchure de la Moulouya
Le Flamant rose est une espèce commune aux sites du projet « Moulouya/El Kala : zones humides sensibles associées à l’approche de gestion intégrée des zones côtières ». Cette espèce servira de support au développement d’un programme de communication et d’échanges entre sites pour mobiliser l’ensemble des acteurs.
Le flamant rose : espèce emblématique à caractère nomade que l’on retrouve sur les deux sites (ainsi qu’en Camargue), et qui peut symboliser la mise en réseau et l’inter connectivité entre zones humides côtières et marines.
En plus de son utilité comme message de communication dans les supports média, cet axe « espèce phare » pourra également servir de porte drapeau aux activités de suivi, et aux activités alternatives (écotourisme, souvenirs, etc…).

Biométrie :
- Taille : 125 à 127 cm
Envergure : 140-165 cm
Poids : 2500-3500 g
Longévité 13 ans
Distribution : Espèce présente au Maroc à l’état sauvage.
Statut : Nicheur sédentaire, espèce protégée.
Identification :
L'espèce
est L’espèce est immédiatement reconnaissable : l'oiseau posé présente un corps entièrement
rose clair, de longues
pattes roses
palmées, un
bec court et recourbé à pointe noire. En vol, la silhouette
caractéristique est très allongée (pattes
et cou tendus) : les
ailes sont alors bien visibles. Les
rémiges primaires et
secondaires sont entièrement noires et les
couvertures rose vif avec des nuances tendant vers le blanc.
Les
immatures (juvéniles
ou
subadultes) sont peu colorés : les
pattes sont sombres, le cou et le dessous blanc sale et le
dessus marqué de brun. La couleur rose apparaît au cours des
années jusqu'à 4 à 7 ans où l'intensité est à son maximum.
Chant : Les cris du flamant rose rappellent curieusement les émissions sonores bruyantes des oies et autres bernaches : Cet oiseau très sociable est particulièrement expressif : un véritable brouhaha règne dans les colonies !
Habitat : Le flamant rose est un oiseau côtier lié aux eaux
saumâtres : son habitat privilégié est constitué par les
lagunes et étangs littoraux, notamment dans les deltas des
grands fleuves comme le Rhône.
Comportements : Les groupes de flamants roses en gagnage sondent
simultanément l'eau à la recherche d'invertébrés : la tête dans
l'eau et les
pattes remuant pour mettre en suspension la vase. Au repos,
ils se tiennent souvent sur une
patte et la tête fourrée dans les
plumes.
Vol : Ce grand oiseau vole généralement en groupes : la
silhouette allongée est typique avec le cou et les
pattes allongés. Malgré la masse de l'oiseau, le vol reste
direct et énergique.
Nidification : Le flamant niche en vastes
colonies pouvant atteindre plusieurs milliers de couples.
Elles se situent sur des îlots vaseux. Les 2 adultes
construisent une coupe surélevée en terre où la femelle déposera
l'oeuf unique annuel. L'incubation est assurée pendant 28 à 31
jours par les 2 partenaires. Les jeunes (semi-nidifuges : ils
quittent le nid après 10 jours) sont rassemblés en "crèche" sous
la surveillance des adultes. Les parents les nourrissent d'un
liquide nourrissant qu'ils versent dans le
bec des rejetons. Ces derniers prennent leur premier envol
au bout de 10 à 11 semaines. Après leur émancipation, ils
réalisent une
migration (généralement directe via la mer Méditerranée)
vers l'Afrique du Nord régime
: Le flamant rose a un régime alimentaire très spécialisé qui le
rend très vulnérable en cas de non disponibilité de la ressource
(par exemple lors d'hivers rigoureux). Il filtre l'eau des
lagunes et étangs saumâtres grâce à un
bec spécialisé (système de "peignes") : il capture une
espèce de crevette appelée "Artemia salina". Cette dernière
(notamment) est à l'origine de la couleur rose du Flamant mais
aussi de la coloration des salins à une certaine période de
l'année. "Artemia" contient des
pigments kéto-caroténoïdes.
Flamants roses en Camargue : espèce emblématique.
Les flamants ont niché pendant des années sur des îlots naturels en Camargue. Mais l'endiguement du delta du Rhône a fortement contraint les évolutions naturelles de la Camargue. La construction de digues afin d'éviter les
crues et l'incursion d'eau salée a aussi fait progressivement disparaître les îlots qui se formaient naturellement.
Les flamants roses ne retrouvent plus les conditions favorables à la nidification et pendant plusieurs années la reproduction est un échec.
Le Flamant rose reste une espèce fragile et vulnérable. Il ne niche que dans un nombre de sites très restreint. Le choix dépend étroitement de la nature du terrain, de sa tranquillité et de ses conditions climatiques. C'est pourquoi les flamants finissent par ne plus nicher en Camargue.
Mais en 1969 ils reviennent et colonisent un îlot situé dans un étang. Cet îlot est cependant trop petit pour toute la colonie et de nombreux couples sont contraints de s'installer sur une digue avoisinante et ne parviendront pas à se reproduire.
Reproduction des Flamants rose
La Tour du Valat réfléchit alors à une manière de faire à nouveau nicher les flamants dans un site qui assurerait le succès de la reproduction. La Tour du Valat propose en 1970 au groupe SALINS, qui assure la production du sel à Salin-de-Giraud, la construction d'un îlot sûr. 500 nids artificiels sont fabriqués sur un îlot de l'étang du Fangassier. Cet étang se situe au milieu des marais salants exploités par le groupe SALINS.
Cette expérience est un succès car les flamants s'y installent en 1974, de manière irrégulière d'abord, puis en 1976 ils en font leur principal site de reproduction. La restauration du site a été plusieurs fois nécessaire pour maintenir la colonie.
Le baguage
En 1977, la Tour du Valat met en place un programme de recherche et de baguage des flamants roses. Le baguage de 800 poussins, organisé chaque année, s'accompagne de la construction d'une tour d'observation en
1984, qui permet un suivi de la reproduction (déterminer les flamants reproducteurs, le comportement de la colonie...).
Aujourd'hui le suivi de la population flamants s'effectue au niveau de l'ensemble de la Méditerranée. Etudier la dispersion permet de connaître les échanges au niveau de la population globale de flamants roses.
Cette expérience est sur le terrain que cet oiseau est aujourd'hui une espèce emblématique de la Camargue. Pourtant, cette réussite n'aurait sans doute pas eu emblématique de l'action de la Tour du Valat qui tente d'apporter à l'effort de conservation les fruits de la recherche scientifique. Et c'est donc grâce à des mesures de conservation lieu si ce programme de conservation ne s'était pas appuyé sur un travail de recherche scientifique rigoureux et de haut niveau. Inféodés aux lagunes d'eau saumâtre et salée de faible profondeur, les flamants sont vulnérables. Des menaces pèsent sur la plupart des zones humides dont ils dépendent : transformations, drainage, pollution, sports nautiques, etc. Dans la région méditerranéenne, la survie du Flamant rose est tributaire des mesures de conservation efficaces prises en Camargue, en Andalousie, sur les sites des autres colonies de reproduction et sur les lieux de halte migratoire.
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