Discours Royal prononcé par Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid, Paris 2015 COP21-CMP11

Excellences, Mesdames et Messieurs,

La crise climatique est l'ultime injustice qui frappe les plus vulnérables et les effets du changement climatique concernent autant, sinon plus, les pays en développement, surtout les Etats d'Afrique et d'Amérique Latine les moins avancés ainsi que les petits Etats insulaires.

La sonnerie de l'alarme a été entendue, même par les plus sourds. La prise de conscience est générale. Certes, ces pays avancent, mais chacun à son rythme, chacun avec sa stratégie originale. Ils avancent en traçant leur chemin au milieu de contraintes qu'il n'est pas possible d'ignorer. Et d'abord la nécessité d'offrir à leurs populations des niveaux de vie corrects.

Est-il équitable de plaider pour la frugalité quand on a déjà tout ? Mais quand on a peu, est-ce un crime contre la planète de vouloir plus ? Est-il pertinent de qualifier de "durable" un développement qui laisse dans la pauvreté une majorité d'êtres humains? Est-il légitime que les prescriptions pour la protection du climat soient dictées par ceux qui sont les premiers responsables du réchauffement de l'atmosphère ?

Le Continent africain mérite une attention particulière. Un continent qui partout s'éveille et se découvre et prend confiance. C'est donc en Afrique, continent de l'avenir que se jouera l'avenir de notre planète.

Dans ce contexte, la promotion des transferts de technologies et la mobilisation des financements, en priorité en faveur des pays en développement, sont fondamentales et prenons garde à ce que ces pays n'aient pas à choisir entre le progrès de leur économie et la protection de l'environnement. Leur engagement dans le combat contre les effets des changements climatiques doit également tenir compte du modèle de développement et des habitudes des individus dans chaque pays. Ainsi, dans les pays du Nord, le mode de vie et les habitudes de consommation de produits cosmétiques ou alimentaires par exemple, créent de grandes quantités de déchets non dégradables. Au même titre, dans les pays en développement, la lutte contre les sacs en plastique, par exemple, constitue un véritable défi. Les gens ne pensent pas à détruire ces sacs, mais plutôt à les remplir, pour subvenir à leurs besoins. Il s'agit là d'une question d'éducation.

C'est pourquoi, dans un cas comme dans l'autre, une règlementation contraignante est nécessaire. De même, la lutte contre les déchets ne doit pas être synonyme de techno-phobie, d'un rejet du progrès ou d'un retour vers l'âge de pierre. Bien au contraire, les avancées technologiques devraient être utilisées efficacement afin de limiter l'impact du réchauffement climatique.

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,

Un consensus international authentique et inclusif s'impose et passe nécessairement par notre soutien à une appropriation effective de l'Action Climat par les pays en développement.

La conférence de Paris nous offre l'opportunité de consolider un instrument juridique global, opérationnel, équilibré et universel, qui permettra de limiter le réchauffement climatique en deçà de deux degrés Celsius et de tendre vers une économie décarbonée.

Je voudrais conclure en souhaitant le plus grand succès à cette Conférence et en remerciant le Président François Hollande et la France, pour leur engagement et leur mobilisation, pour faire de la COP 21, le rendez-vous réussi de l'histoire et de l'espoir.

Le maintien et le succès de cette Conférence constituent le plus grand hommage que l'on pourrait rendre aux françaises et aux français meurtris par le terrorisme abject. C'est la meilleure réponse à l'obscurantisme et aux ennemis de l'humanité.

Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouhou».

 

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